Partager l'article ! A propos de civilisation...: « Toutes les civilisations ne se valent pas » Claude Guéant... Okay, m ...
Okay, mais que vaut donc la nôtre monsieur le ministre ?
Des décennies après cet appel déchirant d'un saint qui ne sera jamais canonisé : « Mes amis, au secours...Une femme vient de mourir gelée, cette nuit à trois heures, sur le trottoir du boulevard Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel, avant hier, on l’avait expulsée..Chaque nuit, ils sont plus de 2000 recroquevillés sous le gel, sans toit, sans pain, plus d’un presque nu.
Devant l’horreur, les cités d’urgence, ce n’est même plus assez urgent ! »
Où en sommes nous aujourd'hui ? Nous dont votre supérieur hiérarchique revendiquait il n'y a pas si longtemps « les racines chrétiennes ». J'ai beau retourner les
évangiles dans tous les sens, les lire à l'endroit et à l'envers, je n'y retrouve pas la trace de la pompe de Rome non plus que de la nécessité de limousines pour être un disciple du Christ,
encore moins d'une Rolex. Par contre, de celle de partager son pain chasser les démons et guérir les malades, ça oui... Et aussi de boire au même seau que la Samaritaine qui était en son temps
une sorte de raclure de fond de tiroir si j'ai bien pigé. Votre civilisation chrétienne semble s'apparenter davantage à ces pharisiens qui furent les plus ardents adversaires du crucifié et dont
il raillait la pompe et le conformisme.
Rien de neuf sous le soleil puisque bien longtemps après Henri Grouès, Michel Colucci lançait : « C'est pas vraiment de ma faute si y'en a qui ont faim, Mais ça le deviendrait si on y changeait rien. » sauf qu'au fond ils vous arrangent bien ces bons samaritains de la charité publique formatée en petites cases où la véritable égalité dans le partage « de chacun selon ses capacités à chacun selon ses besoins » (Karl Marx) ne s'exerce qu'entre gens d'un même niveau social et toujours au détriment des mêmes, laissant sur le carreau nombre de laissés pour compte comme autant de détritus sur le bords des routes, comme d'ailleurs notre réseau de circulation en est jonché.
Des sociétés, des civilisations d'apparence plus cruelle, plus impitoyables ont pratiqué une solidarité interne et même externe bien plus grande, chacun y avait sa place.
Que vaut notre civilisation ? Elle dont la culture se désintègre dans l'uniformité qui fit dire à Claude Lévi-Strauss : « L'humanité s'installe dans la mono-culture ; elle s'apprête à produire la civilisation en masse, comme la betterave. Son ordinaire ne comportera plus que ce plat. » Pour le plus grand profit de vos amis boursicoteurs dont nous conjurons les pertes par nos sacrifices, mais aussi celui de notre biotope terrien.
« Qu'une nation ne fasse aucun effort, si elle veut, pour son bonheur, mais qu'elle ne travaille pas elle-même à sa ruine. »disait Étienne de La Boétie il y a bien longtemps. Que ne l'avons nous écouté ?
Sans remonter jusqu'à la traite négrière, ni faire de parallèle avec ce qu'il est convenu par la nomenklatura planétaire de tenir pour l'entreprise la plus criminelle de
l'humanité ; manifestant ainsi beaucoup d'indulgence pour les autres crimes ; j'ai déniché sur je ne sais plus quel blog une appréciation que j'aurais pu écrire :
« La pompe à fric pour des pompes en Afrique... Des milliards d'euros ou de dollars même dans les pays où ils n'ont pas à boire. Triste sort de ces êtres exploités par des compagnies qui ne taperaient même pas un puits, pour leur en distribuer l'eau de la vie. On exploite leurs richesses, on en tire toute la noblesse mais toujours la soif et la faim pour ces peuples en faiblesse. Ce monde se vaut-il d'exister, sans une parité d'en chercher l'égalité et de ne trouver que des abus d'inégalité ? » Relevant par là que notre « civilisation » n'existe et ne maintient son « niveau de vie » qu'au détriment d'autres qui ne nous valent pas sans doute, mais dans quel sens exactement ? J'ai comme l'impression que nous ne sommes pas même assez grand pour pisser par terre sans sauter en l'air. Nous qui avons pourvu tant de pays déchirés en mines antipersonnel et maintenant en bombes à sous munition ; nous qui avons choyé consciencieusement le feu de l'enfer dans des chaudrons prométhéens et disposons d'un « bouton rouge » qui peut signer la fin de toute civilisation justement, et de son support la Terre du même coup.
Que vaut notre civilisation ?
Propos de lecteurs